Sur la route

Sur le delta du Mékong

Nous nous sommes levés tôt pour notre premier jour sur le delta. Il ne fallait pas partir en retard car notre programme dépendait de la marée. Au début, je ne trouvais pas ça très drôle parce que je n’aime pas être pressée, mais après, j’étais super contente de remonter sur un sampan.

Le delta du Mékong

Nous sommes partis plusieurs jours à la découverte du delta et de ses rives. Avant de monter sur notre sampan, papa m’a acheté un chapeau conique pour me protéger du soleil. Il m’allait bien. Il faisait beau et nous étions très contents de pouvoirs continuer le voyage en shorts, en sandales et avec les lunettes de soleil.
Pendant trois jours, nous avons parcouru des canaux.
Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois. La première fois, nous avons visité des maisons anciennes sur les rives. J’aimais beaucoup leurs jardins et leurs fleurs qui sentaient bons. J’en ai mis une de couleur jaune, qu’on avait cueillie pour moi, dans les cheveux.

Nous avons visité des villages où nous pouvions voir des personnes fabriquer des galettes de riz (celles qu’on utilise pour faire les nems) ou des bonbons au coco. Un monsieur nous a montré comment il fabriquait le riz soufflé. Il avait une grande poêle avec du sable dedans qu’il faisait chauffer par en dessous. Il utilisait de la paille et de l’écorce de riz pour faire du feu. Une fois que c’était bien chaud, il jetait le riz dans le sable : ça faisait comme des pop corn, le riz éclatait et sautait dans tous les sens. Tout de suite après, il versait le sable et le riz soufflé dans un tamis pour garder le riz seulement. Il récupérait l’écorce qui servirait plus tard à faire le feu, ou à autre chose. Nous avons goûté son riz soufflé, c’était croustillant et chaud, trop bon. Malheureusement, il n’en vendait pas. Nous avons acheté ce qu’il y avait, du riz soufflé au miel, c’était différent, un peu collant, moins croustillant, moins bon que le riz juste sorti de la poêle.










Sur les rives du delta, il y a de nombreuses villes avec des marchés. Dans la ville de Sa Déc, nous sommes allés nous promener dans le marché aux fleurs. Il faisait très chaud alors nous marchions lentement avec nos chapeaux sur la tête. J’ai pu m’arrêter plusieurs fois pour photographier les fleurs. Il y avait tellement de fleurs partout. Des gens venaient en acheter plusieurs sacs pour les revendre au marché. Beaucoup d’amoureux venaient aussi se promener au milieu des fleurs.
Plus tard, pendant la promenade, nous sommes passés devant une école. Il n’y avait personne dans la cour parce que c’était l’heure du déjeuner mais comme le portail était ouvert, nous sommes entrés pour voir l’intérieur de l’école. On pouvait visiter alors nous sommes entrés dans une salle de classe. C’était le bazar dedans, avec des livres et des jouets sur les tables, dans les casiers, par terre. Les chaises étaient retournées sur les tables. Avec papa, je suis allée au tableau pour jouer à faire semblant d’être à l’école. Après, nous avons regardé dans des cahiers ce que les enfants faisaient : c’étaient de très belles écritures, en lettres attachées. Plus tard, nous sommes repassés devant l’école. Les enfants arrivaient les uns après les autres, sur les scooters de leurs parents. Ils portaient tous un uniforme : une jupe bleue et une chemise blanche pour les filles, avec un noeud autour du cou. Cela m’a donné envie d’aller à l’école : porter un bel uniforme, surtout la jupe et le joli noeud bleus. Mais c’est tout, parce que j’aime bien apprendre tranquillement à la maison.









Après nos visites, nous remontions à chaque fois sur notre sampan. Mais un après-midi, nous avons eu un problème : la marée était descendue et nous ne pouvions plus avancer. Alors, notre guide a fait signe à une petite barque croisée sur le canal de s’arrêter. Nous sommes montés dans la barque en nous serrant, avec tous nos bagages. La dame de la barque nous a conduits jusqu’à la maison où nous allions passer la nuit. Elle a dû ramer fort car nous étions lourds. Nous sommes restés calmes, pour qu’elle ne soit pas gênée. Heureusement, nous sommes bien arrivés. Dans la cour de la maison, il y avait des hamacs qui nous attendaient. Ça, c’était trop bien, après toutes nos aventures.
Deux petits garçons habitaient dans la maison où nous avons dormi. Je les ai vu balayer la cour quand nous sommes arrivés, mais après, ils étaient tout le temps dans la cuisine où ils regardaient des films sur une tablette ou mangeaient. Comme ils parlaient seulement vietnamien, je n’ai pas joué avec eux. Mais c’est aussi surtout parce qu’ils n’avaient pas l’air intéressés de venir jouer avec moi. Je crois qu’ils n’allaient pas à l’école. Je me suis demandé comment ils apprenaient des choses.

Photo : Maya

Can Tho

Nous nous sommes arrêtés deux jours à Can Tho. Cela nous a fait du bien parce que nous avions visité tellement d’endroits et rencontré tellement de monde dans les canaux que nous étions fatigués. Notre hôtel était très confortable alors maman en a profité pour prendre une très longue douche pour se détendre. J’ai fait la même chose qu’elle.

De notre chambre au 8ème étage, il y avait une belle vue. Le soir, j’ai pris des photos de ce qu’on pouvait voir par la fenêtre : la rue en bas de l’hôtel, la ville, un grand pont et le fleuve. J’ai vraiment pris beaucoup beaucoup de photos. J’ai photographié les lumières en bougeant l’appareil photo. Ça faisait des photos comme des écritures lumineuses. Au début, je n’avais pas fait exprès mais après, comme c’était trop rigolo, j’ai recommencé. Ensuite, maman m’a expliqué comment ça marche. Alors, je me suis mise à bouger vite, ou lentement. Ou je dessinais des O en l’air avec l’appareil.

Photo : Maya

Dans la journée, nous nous sommes promenés tranquillement dans la ville. Une fois, nous sommes allés à la poste pour déposer des cartes postales pour mes trois copines qui habitent à Paris. J’en ai aussi envoyé une pour moi, pour comprendre comment la poste peut savoir où il faut déposer la carte et pour voir combien de temps elle mettrait pour arriver à la maison. J’ai imaginé que le facteur partait du Vietnam avec les cartes postales et qu’il allait venir les déposer chez nous. Quel long voyage !

A Can Tho, j’ai découvert les marchés flottants. Les marchands sont sur leur barques remplies de fruits et de légumes, et les acheteurs viennent à leur rencontre en barque. J’ai vu des barques remplies d’ananas jusqu’au toit ! Pour faire voir de loin ce qu’ils vendent, les marchands accrochent des fruits et des légumes sur de longues tiges en bois plantées sur leurs barques. C’est leur façon de faire de la publicité.
Plus loin, nous avons goûté à des fruits dans un verger : des fruits du dragon, de la mangue, de l’ananas et de la papaye. Ils étaient trop bons, meilleurs même que ceux qu’on mangeait à l’hôtel au petit déjeuner.










En quittant Can Tho, nous avons traversé en barque un village flottant. Nous nous sommes arrêtés pour voir des poissons élevés dans des piscines dans une maison flottante. Il y avait une drôle d’odeur dans cette maison, et des sortes de gros tas de boue alignés dans une pièce. Le propriétaire de la maison nous a expliqué que c’était de la pâte avec laquelle ils fabriquaient les petites boulettes qu’on donne à manger aux poissons. Quand j’allais à l’école, nous avions des poissons rouges dans la classe et je me souviens que nous leur donnions des billes qui ressemblaient un peu à ces boulettes. Dans la maison flottante, le propriétaire m’en a donné une poignée que j’ai jetée dans une piscine de poissons : ils ont tous sauté à la surface pour manger, ça éclaboussait et ça faisait plein de bulles dans l’eau. Je n’avais jamais vu autant de poissons. Ils étaient tout excités !!! Après avoir nourri les poissons, nous sommes repartis.
Un peu plus loin, nous sommes descendus de notre barque, à côté d’une forêt. Deux enfants se baignaient dans l’eau boueuse. Nous avons commencé à traverser la forêt, puis un pont suspendu. Je n’ai pas eu peur sur le pont, mais ça se balançait quand on marchait dessus, et puis il fallait faire de grands pas parce qu’il y avait des trous au milieu. Après le pont, nous sommes arrivés dans un village caché derrière les arbres. Là, plein d’enfants jouaient dans une grande cour. Ils chantaient des chansons en vietnamien. Je les ai regardé jouer, longtemps. Je ne voulais pas me joindre à eux parce que je n’avais pas envie de les déranger, et surtout parce que je ne comprenais pas leurs jeux. Mais, ce qui était sûr, c’est qu’ils s’amusaient bien et moi, même sans participer, j’ai trouvé ça drôlement chouette d’être avec eux. Ils n’allaient pas à l’école, comme moi.








Sur un récit de Maya
A suivre…

 

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